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Les adhérents du Forum visitent des producteurs de foin de commerce de l’Estrie

Pour la 4ième année, le Forum québécois du foin de commerce réalise son activité d’automne. Cette année, ce sont six producteurs de foin de commerce de l’Estrie qui ont accueilli les adhérents du Forum les 29 et 30 octobre. L’intérêt pour cette activité ne se dément pas, c’est en effet 10 nouveaux producteurs qui ont adhéré au Forum et participé aux visites. Comptant plus de 30 participants, la tournée 2019  a atteint  une nouvelle marque. L’intérêt pour le foin de commerce, la pertinence de se regrouper et partager les connaissances, tout en établissant des contacts d’affaires, nous confirme la pertinence du Forum.

 

Le 29 octobre

En matinée, Laurent et Audrey Tremblay nous ont reçus à la Ferme Tremco de Val-Joli. En plus des fourrages produits pour  la production laitière, ils produisent  jusqu’à 1000 grosses balles de foin sec et 20000 petites balles par année destinées au commerce. Tout est pensé pour  maximiser les ressources humaines disponibles : des équipements de grandes capacités, l’utilisation du BaleBaron attelé à la presse, et une équipe suffisante pour que les deux chantiers opèrent en même temps. Pour M. Tremblay, le foin de commerce est une production intéressante du point de vue économique, il ne suffit pas à la demande. C’est aussi très important du point de vue agronomique : tous les champs de l’entreprise, superficie de 800 acres, sont dans une rotation cultures annuelles/prairies. C’est essentiel pour assurer la santé des sols dit-il. Avoir un important troupeau laitier lui apporte une flexibilité à la récolte, il peut faire de l’ensilage lorsque les conditions ne permettent pas de récolter en foin sec.

C’est à l’entrepôt à foin, situé à Saint-Étienne de Bolton, que M. Gaétan Berger  et ses deux fils, partenaires de la Ferme Berger et Lacroix également en copropriété avec sa conjointe, nous ont parlé de leur expérience dans le foin de commerce. L’aventure a débuté presque par accident en 2010, sur des terres délaissées et ayant appartenu à son grand-père. Ils produisent maintenant 22000 petites balles. Pour se rendre à ce volume de production, ils ont dû remettre en culture des terres, souvent laissées en friches depuis plusieurs années et bien garnies de roches, réalité typique de cette région. Cela passe, dans bien des cas, par des ententes  avec des propriétaires urbains possédant de petites fermes, pour des locations à moyen terme. Des terres qui autrement seraient perdues pour l’agriculture. Équipés d’un groupeur de balles Cardinal et de bons équipements de fenaisons, ils ont un grand souci des détails, ça se voit au premier coup d’œil. Tous les lots sont classés et identifiés dans l’entrepôt, très fonctionnel, récemment construit selon des plans longuement mûris. Ils s’informent auprès de leurs conseillers, et mettent en application leurs conseils. Ils n’hésitent pas à dire que c’est un élément clé de leurs bons résultats. Ils ne font aucun compromis sur la qualité et partagent leur récolte entre deux commerçants, qui voudraient bien en avoir davantage.

Les visites de la journée se sont conclues à la ferme de M. Gaétan Pinsince, et son fils Gabriel, sur le chemin Fitch Bay à Magog. Toutes les superficies de la ferme sont consacrées à la production de foin. Ils produisent environ 22000 petites balles par année. L’acquisition récente d’un groupeur de balles Kuhn allégera le lot de travail de récolte. Le peu de disponibilité de terre dans les environs limite leur potentiel d’expansion, c’est donc en misant sur l’augmentation des rendements qu’ils comptent augmenter leur production : introduire de nouvelles graminées avec le mil, fertilisation, drainage et chaulage. Ils ont eu beaucoup de succès avec l’établissement de graminées en fin d’été. Près de 50% de leur foin est vendu localement et livré à la récolte, ceci leur permet de compenser pour une capacité d’entreposage limitée. Le reste est réservé pour un commerçant. La construction d’un entrepôt avec ventilation et possiblement séchage est dans les plans pour l’an prochain. Lorsque les conditions météo sont moins propices au foin sec, ils produisent des balles rondes enrobées pour un éleveur.

Invité à nous rencontrer au moment du souper,  Monsieur Larry Downey, Président de l’Association canadienne des producteurs d’arbres de Noël nous a dressé un portrait de l’association. L’association québécoise est la plus importante de toutes les associations provinciales au Canada. Au Québec, plus de 80% de la production est représentée à l’association. Ces entrepreneurs indépendants jugent très important d’être regroupés. C’est la seule façon d’avoir un pouvoir de représentation. Aussi, l’association organise plusieurs activités d’informations. L’association leur permet également de proposer et accéder à des projets de recherches. C’est une organisation qui ressemble au Forum, un regroupement de producteurs/entrepreneurs indépendants et plusieurs de leurs réalités et défis se comparent au secteur du foin de commerce.  Pour le Forum et le CQPF, ce fut  un privilège d’échanger sur leur mode de fonctionnement, leur structure, leurs activités et leur mode financement. Merci M. Downey de votre générosité.

 

Le 30 octobre.

En route pour la première visite, Huguette Martel nous a permis de jeter un coup d’œil à une terre complète établi en panic érigé à Johnville. C’est le cas de le dire, la vue de ces champs est impressionnante! Faut avouer que c’est convaincant.

C’est à Compton que Michael Simard et Vanessa Kaeslin de la Ferme Leylo nous ont accueillis. Établis en agriculture en 2013 par l’acquisition d’une ferme d’engraissement de porcs, ces jeunes agriculteurs ont dès 2016 débuté dans la production de foin de commerce. Toute la production est en grosses balles carrées et selon leur expérience, c’est la seule façon de produire de grands volumes avec des ressources en main-d’œuvre et infrastructures limitées. Ils voulaient diminuer ou éliminer l’enrobage, pour lequel le marché est plus limité. La location d’un entrepôt à proximité de leur ferme et l’acquisition d’un séchoir à foin en 2019 leur a permis de produire tout leur foin, soit 2000 balles, en foin sec. Avec l’acquisition, cette année, d’une ferme avec engraissement porcin, ils comptent augmenter substantiellement la production de foin. Pour eux, les prairies de graminées et la disponibilité de purin de porcs offrent une combinaison gagnante : une bonne source de fertilisation et des périodes d’épandages dans de très bonnes conditions. Une bonne partie de leur foin est vendu directement à l’utilisateur, ils en vendent également à des commerçants et transformateurs.

Les visiteurs se sont ensuite rendus à la Ferme Valbois de Coaticook, où Francis Boisvert et Valérie Poulin nous ont présenté leur entreprise. Sur leurs terres, mais également sur des superficies louées, c’est grâce à une équipe  très efficace et coordonnée, bien que restreinte,  qu’ils produisent près de 100000 petites balles de foin sec. Deux presses, deux accumulateurs Kuhn, remorques de conception maison leur permettent de récolter jusqu’à 5000 balles par jour. Trois entrepôts d’une capacité de 20000 balles chacun et un séchoir par déshumidification sont les infrastructures qui complètent l’entreprise. Ils utilisent les fumiers de producteurs avoisinants dans la mesure de la disponibilité. Toutes les prairies sont ensemencées de graminées, le mil est toujours présent et la fétuque, en quantité  modérée, est ajoutée au mélange pour son regain et sa meilleure tolérance à la sécheresse. C’est aussi une graminée qui garde sa couleur et sèche bien au champ.

La tournée 2019 du Forum s’est conclue par la visite de la Ferme Martinhel à Coaticook, propriété de Francis Martineau et Hélène Bouffard. C’est dans le nouveau centre d’entreposage et de séchage que Francis a présenté l’entreprise au groupe. Construit en 2018, l’entrepôt d’une capacité de 120000 petites balles est juxtaposé à deux cellules de séchage d’une capacité de 1500, jusqu’à 2000 balles chacune. De puissantes unités de déshumidification avec un système de toiles étanches assurent l’efficacité du séchage. Deux faucheuses, deux presses équipées d’accumulateurs Cardinal et l’équipement de ramassage en conséquence, permettent de profiter au maximum de journées propices à la fenaison. La manutention au séchoir et à l’entrepôt est exécutée très rapidement avec un grappin double d’une capacité de 36 balles. Tout l’éclairage a été soigneusement planifié pour travailler efficacement dans l’entrepôt et près des séchoirs à toute heure du jour et de la nuit.  Grâce aux portes centrales larges de 40 pieds, deux chargeurs peuvent placer les balles simultanément dans l’entrepôt. Comme pour les autres producteurs rencontrés, le purin de porcs est une source importante de fertilisation et contribue à d’excellents rendements de foin de graminées. L’entreprise produit actuellement près de 90000 balles par année sous gestion biologique et transige environ 20000 balles supplémentaires.

Pour clore la tournée, Annie Claessens, PhD phytogénéticienne à AAC, et son collègue François Langevin, nous ont entretenu du programme de sélection de la fléole des près (mil). Sur les trois programmes d’amélioration génétique du mil dans le monde, c’est le seul en Amérique du Nord. Annie et François ont réussi à nous exposer simplement un projet scientifique assez complexe. Du matériel génétique de fléole des prés d’un peu partout dans le monde se retrouve à la station de Sainte-Foy grâce à un réseau mondial de chercheurs et beaucoup de travail de détective de l’équipe de Sainte-Foy pour servir à créer de nouvelles variétés adaptées aux conditions du Québec. Le rendement, la résistance aux maladies (rouilles surtout), résistance à la sécheresse, regain, sont parmi les critères de sélection. Les producteurs ont vite compris que des génotypes sont très prometteurs, ils désiraient des semences pour le printemps 2020. Pas si vite nous disent les chercheurs, c’est un processus long et complexe, mais il y a de quoi être optimiste pour le futur. Nous sommes reconnaissants qu’Annie et ses collègues participent à nos activités, ce sont les vases communicants du champ au laboratoire. Merci à vous deux et à AAC.

Pour terminer, les participants ont pu constater que la relève agricole est très présente chez les entreprises visitées  ce qui est prometteur pour le développement de ce secteur.

 

Le 12 novembre 2019

Germain Lefebvre et ses collaboratrices

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