Pâturages au Québec Cette section regroupe les ressources essentielles pour optimiser la gestion des pâturages au Québec : bonnes pratiques, initiatives terrain, études et outils pour soutenir les producteurs.



Produire du lait au pâturage : Guide pratique pour l’éleveur biologique est un nouveau guide (avril 2024) qui s’adresse d’abord aux producteurs de lait bio mais qui s’applique à tous les troupeaux de bovins laitiers ayant accès aux pâturages dans l’Est du Canada. Abondamment illustré de croquis, de photos, tableaux et graphiques, il répondra autant aux besoins des éleveurs débutants qu’à ceux plus expérimentés en gestion des pâturages!

Il présente l’approche du pâturage en bande dans le contexte de la production laitière bio québécoise, soit l’utilisation du pâturage à temps partiel; une pratique qui permet à la vache d’avoir accès à un fourrage conservé et à des concentrés à l’étable tout en ayant une bonne part d’herbe dans la ration.

Un aperçu du contenu

En introduction, on y trouve les avantages et inconvénients du pâturage autant de l’angle de la santé, du bien-être animal qu’au niveau environnemental. Lorsqu’on parle de gestion des pâturages, le cœur de cet ouvrage, elle est souvent représentée comme étant trois systèmes en un.

Dans le système « production de fourrage », l’objectif de rendement et de qualité doit être omniprésent pour atteindre un coût de production des fourrages le plus bas que le pâturage le permet. Dans le système « d’élevage en plein air », il est important que les installations permettent un mouvement efficace des animaux ainsi qu’un environnement confortable pour les vaches. Le 3e système « d’alimentation des animaux » doit favoriser une bonne ingestion d’herbe tout en ayant un niveau de production laitière et des composantes intéressant.

Le guide présente une section sur les adaptations pour les robots de traite, une partie sur les outils d’aide à la décision et pour terminer, les actions requises lorsqu’on souhaite le retour d’un troupeau de vaches laitières au pâturage.

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par Céline Normandin

L’été 2023 n’a pas été facile en Abitibi-Témiscamingue mais grâce à des aménagements faits à la Ferme Micar, Mickaël Côté a pu atténuer les effets du temps sec sur son troupeau.

Mickaël Roy de la Ferme Micar bénéficie depuis deux ans d’un soutien du Fond d’Action à la Ferme pour le Climat, supporté par le Canadian Forage and Grassland Association (CFGA), afin de clôturer ses pâturages en davantage de parcelles et surtout, amener les lignes d’eau nécessaire à son troupeau de bovins de boucherie.

Durant ces deux ans de démarches, l’éleveur a pu mener à terme des travaux qu’il évalue à 20 000$ et qu’il initialement financé de sa propre poche. « Ce que ça change (l’aide du CFGA), c’est qu’on peut aller plus vite ». Les coûts des matériaux ont explosé dans les dernières années et il aurait probablement dû planifier à plus long terme les changements qu’il souhaitait amener dans la manière dont son troupeau s’alimentait. 

Les coûts prennent une dimension encore plus grande pour Mickaël puisqu’il est une relève non-apparentée. Il a travaillé dix ans avant d’acquérir sa ferme et a complété un DEP à Ville-Marie. Il possède 600 acres en pâturages, en plus de 200 autres consacrés à la culture des fourrages et 800 autres en location, pour un total de 1600 acres en fourrages et en pâturages répartis sur 16 terres.

Les travaux ont de plus coïncidé avec une grave sécheresse qui a mis à mal les prairies et les pâturages de la région, mais qui a permis d’atténuer ses impacts à la Ferme Micar. Lui qui était habituellement autosuffisant, et qui vendait même du foin, Mickaël a écoulé toutes ses 2000 balles de foin en 2023. Ce sont les aménagements et l’amélioration des pâturages qui ont sauvé la mise l’an dernier.

Un projet d’envergure

Le troupeau de Mickaël compte 370 têtes, dont 200 vaches. La paissance se fait à la Ferme Micar de mai à octobre en groupes de 50 vaches. Les veaux nés en mars sont amenés à la prairie dès son ouverture. 

La rotation dure au total 40 jours, avec des durées allant de cinq jours à deux jours et demi par parcelle, ce qui donne de trois à quatre rotations au total par année. La deuxième rotation dure moins longtemps que la première.

Cette année, il a débuté le 8 mai et projette de laisser ses animaux au pâturage jusqu’au 20 octobre.

Avec son projet, Mickaël souhaitait favoriser la rotation du troupeau entre les parcelles et amener plus de vaches au pâturage. « Le pâturage, c’est la clef dans l’industrie bovine », souligne-t-il. Une meilleure paissance permet d’atténuer les coûts d’alimentation et de faire de meilleurs gains de poids aux vaches.

Les 200 acres du pâturage n’étaient séparés auparavant qu’en huit parcelles, un chiffre qu’il a fait monter à 18 grâce aux clôtures qu’il a pu acheter et aménagées. Il avait débuté le partage de son pâturage en quatre parcelles qu’il avait fait passer à huit mais ce système n’était pas assez performant en raison du manque de points d’eau. Une autre part importante de l’argent a été investi dans l’installation de lignes d’eau qui ont permis d’ajouter les points d’eau qui sont passés de deux à cinq.

 

Des changements sur les pâturages et les animaux

Des changements sont déjà notables puisque les travaux ont été finalisés l’an dernier. « Il y avait beaucoup de refus avant parce que l’herbe des parcelles était jaune. L’augmentation du nombre de parcelles a vraiment permis d’avoir du fourrage de plus grande qualité et un broutage plus égal », note l’éleveur. Il observe aussi un gain de poids de la part de ses animaux grâce à une alimentation plus élevée en protéine et en énergie. 

L’alimentation est également plus égale et de meilleure qualité puisque les mauvaises herbes sont absentes. « Elles sont assurément étouffées par les semis spontanés. Les prairies se ressèment le trois-quarts du temps en mil», selon Mickaël qui ajoute qu’il n’a pas eu besoin de ressemer ses prairies durant le printemps.

L’éleveur est surpris de la différence déjà appréciable qu’ont donné les travaux depuis à peine un an. Les superficies aménagées se débrouillent très bien et ne montrent pas de trace de surpaissance, comme c’est le cas dans les zones qui n’ont pas pu être réaménagées encore. « Les parcelles développées avec le projet ont récupéré le plus vite. Les vieux pâturages ont eu plus de difficultés à reprendre », dit-il. « La plante a eu le temps de se refaire, ça fait une grosse, grosse différence. Ça augmente le nombre de mois passés en pâturage ». 

Il constate un gros gain de poids dans les deux groupes, une différence qui devrait se maintenir d’ici la fin octobre, date à laquelle les pâturages ferment. Il estime qu’avec l’augmentation du nombre de parcelles, les vaches ont eu moins de distance à marcher pour s’alimenter et boire.

Avec toutes ces améliorations dans la qualité du pâturage, il anticipe maintenant pouvoir conserver ses vaches beaucoup plus longtemps à l’extérieur pour brouter. « Avec les nouvelles parcelles, on a plus de jeu. Je pourrais même aller jusqu’en novembre. » Il compte d’ailleurs essayer des semis de millet japonais pour varier le type de fourrage.

Il reste encore des améliorations à faire, selon l’éleveur, qui aimerait faire passer de 18 à 20 les parcelles existantes. « J’ai encore assez grand comme superficies et on pourrait rendre les parcelles moins sollicitées en ajoutant des lignes d’eau », dit-il.


Dans le cadre du Fonds d’action à la ferme pour le climat (FAFC), le CQPF, en partenariat avec l’Association canadienne pour les plantes fourragères et le CIARC, est heureux de mettre un nouveau projet en route: la Caravane des pâturages!

Cet outil mobile parcourt les routes du Québec pour faire la promotion de la gestion avant-gardiste des pâturages.

Son objectif est de transmettre des connaissances concrètes, pratiques et directement applicables  à tous ceux et celles qui s’intéressent aux pâturages — producteurs, conseillers, étudiants, etc.

À son bord, tout le matériel nécessaire à la gestion intensive des pâturages et des professionnels passionnés qui vous proposeront des ateliers de formation dynamiques et personnalisés.

Chaque atelier est conçu pour:

  • Offrir un contenu ciblé, accessible et applicable rapidement sur le terrain
  • S’adapter aux besoins des participants et au temps disponible
  • Favoriser l’apprentissage par l’observation, les démonstrations et les échanges

Téléchargez l’offre de service pour découvrir les sujets disponibles et planifier une halte de la Caravane dans votre événement (download the English version of the Service Offer here).

Pour réserver la Caravane pour votre activité, veuillez compléter le formulaire en cliquant ici

Visitez notre section événements pour voir quand la Caravane s’arrêtera près de chez vous cet été!

Rédaction : Barbara Vogt, chargée de projets aux publications, CRAAQ

La recherche de la carboneutralité en élevage bovin passe par plusieurs moyens. Les haies agroforestières combinées à un système de paissance intensive en bandes semblent bien offrir une « formule gagnante ».  L’équipe du professeur Vincent Poirier de l’UQAT et celle de la ferme Lafontaine-Noël ont uni leurs forces pour étudier le sujet.

Parmi les informations recueillies, l’une retient particulièrement l’attention : sous une paissance en bandes, la proportion de carbone du sol emmagasiné dans une forme stable est plus importante que sous une paissance continue.

De 2020 à 2024, l’équipe de recherche a vérifié plusieurs hypothèses sur l’efficacité des pâturages bordés de haies agroforestières et où s'applique un système de « paissance adaptative multiparcelle ». Dans ce système, les haies sont composées de peupliers hybrides, d’épinettes blanches et d’érables rouges; les animaux ne restent que 7 à 9 jours sur un même bloc de pâturage, étant déplacés quotidiennement d’une bande à l’autre dans chaque bloc.


Photo: Ferme Écobeuf - Frédérique Lavallée

Plusieurs éléments ont été étudiés : les plantes fourragères (productivité, diversité des espèces), le carbone stocké dans le sol (quantité, fraction labile et fraction stable), la biodiversité des organismes vivants du sol (bactéries et champignons) ainsi que le rôle des essences d’arbres. Les résultats étaient comparés avec ceux de parcelles en paissance continue. Le « bonus » de carbone sous une forme stable dans le sol sous paissance en bandes est donc un avantage pour la ferme. C’est la première fois que ce fait est documenté au Québec. Une raison de plus pour adopter ce mode de gestion des pâturages!  

Tiré de la présentation de M. Poirier lors  des Journées d’information scientifique Bovins laitiers-Plantes fourragères, organisées par le CRAAQ en février 2025 (www.craaq.qc.ca).

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Référence
Poirier  V.,  Lavallée  F.,  Laplante  I.,  Gravel  D.,  DesRochers  A.,  Rivest  D.,  Hogue  R.,  Jeanne  T.,  Lafontaine  S. (2024)  Combiner  le  sylvopastoralisme  et  la  gestion  adaptative  multiparcelle  pour  favoriser  le  stockage  de carbone et la biodiversité  - Projet IA121712. Fiche Technique rédigée pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).  3 pages